Selon le contexte et le cadre, les objectifs de la rencontre varient et correspondent à des enjeux différents tant pour le psychologue que pour le patient. En effet, cette rencontre met en présence deux individus qui n’occupent pas des « positions symétriques » selon l’expression de C.Chiland1. Cela ne veut pas dire que l’un est supérieur à l’autre. Le psychologue est, pour le patient ou le demandeur, supposé savoir. Il vient le voir en raison de la fonction qu’il occupe. Cela suppose une formation, un savoir. Cela aussi est un point de repère pour le patient. Et c’en est un pour le psy qui va se positionner par rapport aux théories qui sous-tendent son travail.
Les enjeux : Il est important de comprendre ce qui motive la demande du patient. S’il est le demandeur, on peut penser que ses besoins, ses intérêts, ses interrogations propres sont à l’origine de sa présence face au psychologue. Il vient demander de l’aide ou un conseil. Si la demande émane d’une tierce personne (la famille, l’employeur, l’école, la justice,…), on peut s’attendre à un manque d’adhésion, à une attitude plus ou moins défensive voire même à un refus.
Savoir qui est à l’origine de la demande n’est pas toujours facile. Le consultant peut paraître le demandeur mais l’est-il vraiment ? N’est-il pas résigné au désir d’un parent, de l’entourage ? Le patient qui ne serait pas libre de refuser un entretien ne peut s’inscrire dans une démarche de rencontre. Il subit, piégé par des décisions autres contre lesquelles il n’est pas en mesure de s’élever pour diverses raisons. Il n’est pas actif. Un enfant, par exemple, ne vient généralement pas voir un psychologue de son plein gré. Il me semble important de lui expliquer les raisons de cette rencontre et de lui demander son avis pour entamer une thérapie sans forçage et que puisse émaner une demande qui sera sienne.
Lorsque le patient fait effectivement une démarche personnelle et volontaire, la demande exprimée correspond-elle à sa problématique réelle ou est-elle un prétexte à la consultation ? Ne masque-t-elle pas d’autres inquiétudes plus difficiles à évoquer ?
D’où la nécessité pour lui d’être en confiance afin de pouvoir s’exposer, parler de lui, de ses difficultés, de ses attentes.
1. Chiland, C. 2007. L’entretien clinique, PUF.










