Le mercredi matin, ma fille a son cours de danse.
Pour vous situer le contexte, elle me parle de cours de danse depuis qu’elle a 2 ans, me demande au moins 2 fois par mois à quel âge elle pourra aller à l’Opéra pour apprendre à danser comme les petits rats. Elle passe des heures à danser dans le salon sur des musiques diverses ... bref vous l’avez compris ma fille aime danser.
Et ce matin au petit déjeûner, voilà qu’elle me dit «j’ai pas envie d’aller à la danse maman !».
Toute à ma surprise, je réagis «ah bon ? tiens, c’est étonnant !».
Le temps passe, elle attaque un jeu avec son frère et quand je lui rappelle que nous devons nous préparer pour la danse, elle me dit que non, vraiment, elle n’a pas envie, qu’elle ne veut pas y aller.
Comme elle s’amuse visiblement très bien avec son frère, je tente un peu d’écoute : «ah oui, tu t’amuses bien ce matin. Tu aimerais bien pouvoir te couper en 2 pour pouvoir rester avec là avec ton frère et aller à la danse en même temps.»
Cela amuse beaucoup son frère qui propose que la tête et les bras de sa soeur restent avec lui tandis que j’emmène les jambes à la danse.
Mais ma fille ne l’entend pas de cette oreille ! «Oui, me dit-elle, mais j’ai quand même pas envie d’y aller !».
Notre dialogue de sourds se poursuit. J’essaie d’écouter, de comprendre, elle résiste à toutes mes tentatives.
J’essaie de prendre sur moi pour rester dans l’écoute en me disant que je ne dois pas la forcer, qu’elle doit prendre sa décision mais je réalise que j’essaie bien trop de la comprendre contre son gré et que je suis en train d’essayer de la forcer à me dire ce qu’elle n’a visiblement aucune envie de me dire, attitude hautement contre productive !
Cela fait quelques minutes que durent notre échange et je sens la moutarde me monter au nez ...
Je SAIS que ma fille aime aller à son cours de danse, je SAIS qu’elle s’y éclate, je SAIS qu’elle veut arriver à bien danser ... et son refus incompréhensible m’agace.
De plus, je réalise alors que ma colère a un sens. Elle signifie qu’une de mes valeurs essentielles est touchée : je pense que pour devenir une grande danseuse - et pour arriver à ce qu’on aime en général - il faut travailler, et y compris les jours où on resterait bien tranquille chez soi ...
Et je sens que, pour moi, il n’est pas question de lâcher sur ce point essentiel ...
Alors je le dis à ma fille tout simplement : «tu n’as peut-être pas envie d’aller à la danse aujourd’hui. Mais moi, ça ne me convient pas ... Nous en avons déjà parlé et tu sais que pour devenir une grande danseuse, il faut travailler dur et faire de gros efforts. Je sais aussi que, quand tu vas au cours de danse, tu es toujours contente, tu souris, tu aimes ça. Donc je ne te laisserai pas rester ici. Tu ne vas pas aimer ça mais je t’emmènerai à la danse, même si tu ne veux pas.»
Ma fille s’asseoit par terre, mine renfrognée, bras croisés ...
Après quelques minutes de silence, elle me dit «oui mais quand on va faire ça - elle me montre un figure de danse au sol - je vais avoir mal au doigt ...».
Ouf ! Voilà la clé du problème !
Ma puce s’est tordu le doigt hier à l’école, une des articulations est bien bleue. Elle m’en a parlé hier soir mais je n’ai pas réalisé que le problème pouvait être là.
Je lui demande donc si elle veut que j’en parle à la prof de danse pour lui expliquer la situation. Elle me dit oui, ravie, et part s’habiller, toute heureuse ...
A l’arrivée au cours, ma puce vérifie de loin en se déshabillant que je parle bien à sa prof puis part, hilare, rejoindre ses copines.
Je la récupérerai une heure plus tard, enchantée comme d’habitude !
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